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Ton identité c’est ton cerveau pas tes crampons!

Ostéopathe

Ton identité c’est ton cerveau pas tes crampons!

Hier  je suis allée assister au dernier match, à la 2ème mi-temps, de la saison de l’équipe de rugby dans laquelle j’ai exercé (fédérale 2).

(Si tu as raté cette partie-là de mon histoire, c’est par ici)

Je me suis rapidement souvenu pourquoi j’avais quitté le staff.


J’évoluais dans l’équipe comme une exploratrice en milieu étranger. Tant touchée par la cohésion qui régnait en maître dans ce groupe dans lequel j’avais été accueillie chaleureusement qu’ébahie par les pratiques que j’y découvrais: des rituels guerriers d’avant-match (coup de tête et râles des mâles déterminés) pour faire monter l’adrénaline aux poches de glace appliquées en guise de remède universel en passant par la vaseline sur les arcades pour éviter les brèches. Comme une famille unie, ils sont moulés dans les valeurs et les rites du ballon ovale et leur air de famille transparaît dans leur vocabulaire, leurs références, leurs souvenirs. Ils sont étudiants ou jeunes actifs. Maçon, paysagiste, ingénieur, commercial ou encore boulanger. Pour certains papas pour d’autres pas encore. La plupart se connaissent depuis tout petit, mais même si tu arrives sur le tard tu es vite intégré si tu as les codes rugbystiques.

(Petit tips: pour toi, la nudité ne devra pas être un problème!)

J’ai aimé faire partie de leur meute. J’ai voulu être à la hauteur de leurs ambitions et leur force m’en a donné l’audace. Je me suis perfectionnée dans le domaine du sport alors que je ne m’en serais pas cru capable crédible (Arf les croyances ^^).

Oui mais voilà. A chaque match je priais les dieux du stade pour qu’il n’y ai pas de casses « trop graves ». Un genou, une acromio, un doigt, une côte, des élongations, une arcade passent encore.

Je redoutais THE casse. Le KO

(Enfin la commotion plus largement car une commotion ne s’accompagne pas toujours d’une perte de connaissance!)

Armée de ma concentration, mes protocoles révisés et mes contacts en cas d’urgence j’étais sur le qui vive au bord du terrain, parée à toute éventualité. J’avais mené des actions de sensibilisation auprès du staff et j’ai été écoutée par mon équipe mais face aux habitudes tenaces et la culture du gaillard téméraire je n’ai pu laisser qu’une empreinte.

Il faut dire que la blessure tient une place d’honneur dans le cv du rugbyman

(Petit tips bis) Le rugbyman se targue des blessures endurées dans sa « carrière ». Elles renforcent son statut de « survivor ». Tu devras être prêt à donner autant pour cette carrière que pour ta profession.

Après la naissance de mon fils, ramollie par la maternité ou réveillée quant aux priorités j’ai décidé d’arrêter après un dimanche qui avait vu défiler des « grosses casses ». A mon avis trop grosses pour une activité sportive extra professionnelle, pour des étudiants et jeunes papa. A mon niveau je ne pouvais rien changer et rester signifiait accepter une réalité qui me dérangeait.


A la fin de ce match auquel j’ai (à moitié) assisté hier j’ai pu discuter de la saison en cours à laquelle je n’avais rien suivi même de loin. Bilan: plusieurs commotions. 3 sérieuses.

(A cet instant je me suis félicitée de na pas avoir eu à voir ça)

Contrairement à ce que beaucoup ont l’air de penser, ce n’est pas anecdotique.

Alors on nous oblige à porter un casque à moto « en cas d’accident » mais on laisse des jeunes aller au carton tous les dimanches. Hum Hum…

Je te laisse réfléchir la-dessus

Et pas qu’au rugby!

Je m’inspire du rugby parce que j’ai vu de mes yeux vu qu’il s’agit d’une réalité mais bien d’autres sports sont à risque:

La BOXE, le basket, le hand, le cyclisme ou les sports freestyles…

ou encore le Foot: sport le plus pratiqué mais le moins sensibilisé aux risques!

En France, on compte d’ailleurs plus de footballeurs commotionnés que de rugbyman!

Bon je te l’accorde, avec 2,2 millions de licenciés au Foot contre à peine 300 000 au rugby c’est pas difficile…

Que faire?

Comme le préconise le Dr Chermann, neurologue:

Toute suspicion de commotion avec ou sans perte de connaissance doit faire sortir le joueur du terrain sans retour possible au match

En amateur ou semi-pro, l’encadrement ne permet pas de reprendre l’effort par paliers entourés de spécialistes sous avis favorable d’un médecin donc l’arrêt strict doit être respecter 3 semaines minimum.

En professionnel comme en amateur, la reprise peut se faire si et seulement si

Le joueur ne présente plus aucun signe de commotion

Les risques? De la mort aux troubles du comportement en passant par les paralysies, les crises d’épilepsies, les maux de tête, des troubles de la mémoire/ d’apprentissage/de concentration, la fatigue chronique, les troubles de la sensibilité ou de la parole et des relations, la dépression… et tant d’autres encore. Il peut s’agir de vies professionnelles et/ou familiales arrachées.

Il ne s’agit pas ici d’incriminer les fédérations, les encadrants, la mère Michèle, les joueurs ou leurs chats. Les pratiques ont évolués et ont entraînés l’émergence ou la multiplication des commotions auxquelles on ne s’intéresse que depuis récemment. Il s’agit d’éduquer les nouvelles générations: prévenir et repérer, agir et savoir protéger.

C’est l’affaire de tous

Aux mamans qui se cachent les yeux dans les tribunes, ouvrez-les pour vos fils.

Aux papas qui s’émeuvent au bord du terrain, restez vigilants.

Aux dirigeants bénévoles que j’admire qui offrent leur énergie à la vie du club, protégez vos poulains.

Aux joueurs, les braves qui nourrissent le spectacle. Définissez vos priorités.

NB: le sportif est têtu mais le sportif commotionné est très têtu. Il ne voudra pas sortir du terrain! C’est aux autres de l’y pousser!


Et puis il arrive que la décision s’impose d’arrêter…

Renoncer au rugby c’est abandonner une partie de mon identité

un joueur en rééducation après KO sévère et 8 mois d’arrêt

Je comprends même si je ne peux pas imaginer n’ayant moi-même jamais connu une telle passion pour un sport…

Mais il y a une a une bonne nouvelle!

Le cerveau a ça de magique qu’il te permet de te réinventer à l’infini!

Aller hop! Chausse tes crampons baskets et en avant!

Ton identité c’est ton cerveau pas tes crampons,
Enfin moi c’est ce que j’en dis… avec toute ma subjectivité

Tu veux en savoir plus?

Interview du neurologue Jean-François Chermann, auteur de K-O, le dossier qui dérange

Vidéo de Cameron Pierce, jeune rugbyman de 26 ans, victime d’une grave commotion cérébrale en 2016

Protocole de prise en charge de l’IRBMS et de la FFR

 

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